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Budget 2014, entre recettes et dépenses

BercyObjectif incertain. Après avoir examiné, et voté, le volet recettes du budget 2014, les députés vont se pencher sur la partie dépenses. L’objectif est de ramener le déficit public à 3,6% du PIB fin 2014. Objectif crédible ? « C’est possible…  », estime Christian de BOISSIEU, qui s’empresse de préciser « … mais pas évident. Tout dépendra de la conjoncture – 2014 devrait être un peu moins mauvaise que 2013, mais c’est aléatoire –, de notre capacité à tenir nos engagements en matière de dépenses avec les 3 étages de la fusée : l’Etat, les collectivités locales et la Sécurité sociale ». Dans tous les cas, la tâche du gouvernement est bien ingrate car il est impossible de contenter tout le monde à la fois.

Pression des partenaires européens. L’édition 2014 du budget de la France est exemplaire puisque nous dépasserons le niveau de prélèvements de 46% du PIB. « 3,6% de déficit à fin 2014 pour tomber en dessous de 3% en 2015 comme s’y est engagée la France auprès de Bruxelles… cela veut dire qu’il nous restera une marge de manœuvre non négligeable  », souligne Christian de BOISSIEU. Et l’économiste d’alerter sur le contexte bien particulier avec lequel Paris devra compter : « après l’élection triomphale d’Angela Merkel aux dernières élections régionales dans son pays, les européens en général, et les allemands en particulier, ne nous feront aucun cadeau  ».

Equilibre et stabilité. Le budget 2014 sera-t-il celui de la confiance, du pouvoir d’achat et de l’accompagnement de la reprise ? Le débat parlementaire devra le prouver mais la messe semble être dite. « Pour commencer à stabiliser le ratio de dette par rapport à la richesse nationale, puis le réduire, il faudra tomber en dessous d’un déficit public de 2% vs PIB », insiste Christian de BOISSIEU. « Or, 2%, ce n’est pas pour 2015, et pour 2016, personne ne sait ». Sans parler de la remontée des taux d’intérêts sur le long terme « à laquelle nous sommes très exposés, comme tout le monde  ». Pour leur part, les taux courts se maintiennent. Mais jusqu’à quand ? Phénomène inéluctable : la courbe des taux va devenir plus pointue, rendant encore plus grande la nécessité pour l’Etat de faire des efforts en matières de dépenses, donc consentir à toujours plus d’économies.

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