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Les mutations de la Chine, désormais première économie mondiale

Patrick Artus

Patrick Artus

Ajustement. Le FMI est formel : la Chine est désormais la première économie mondiale devant les Etats-Unis. L’Empire du Milieu dépasse le grand rival américain aussi bien en parité de pouvoir d’achat qu’en richesse nationale calculée sur la base du PIB. Entre forces et faiblesses, le pays n’en reste pas moins bourré de paradoxes. Preuve que la Chine enregistre un sérieux coup de frein : ses importations ont subi en novembre une baisse inattendue – signe d’une demande intérieure en berne – et un ralentissement de ses exportations. Selon Patrick ARTUS, « le problème de ce pays aujourd’hui n’est pas tant sa croissance que la manière dont il doit s’y prendre pour rééquilibrer son économie  ». Fini le PIB en hausse de 10 à 12%. Pour 2014, le FMI table sur 7,4%.

Intégration. La Chine joue désormais dans la cour des grands et subit les conséquences de la conjoncture internationale déprimée. « Pékin est entré en phase de convergence : pauvre, le pays est devenu riche. Et quand on part de loin, la croissance ne peut que progresser. Ensuite, la situation se calme et les taux de croissance se réduisent  », analyse l’économiste. Concrètement, les investissements se tassent, l’exode rural a entraîné la création de villes, créant une dangereuse bulle immobilière. L’urbanisation a poussé à la hausse les coûts de la protection sociale et le coût du travail s’est renchéri. La Chine a changé de paradigme.

Lourdes conséquences sur les autres économies. Par souci de pédagogie, Patrick ARTUS souligne que « jusqu’en 2010, les importations de la Chine augmentaient de 25% par an. Sur un peu plus d’an, elles viennent de reculer de 1%. Cela fait donc un différentiel de 24% de croissance. Or, les importations chinoises représentent 15% du commerce mondial  ». Et l’économiste d’ajouter : « une Chine qui consomme moins sur la scène internationale ne joue plus son rôle de moteur de l’économie planétaire. Même les Etats-Unis, où est enregistrée à ce jour la seule croissance viable, ne peuvent pas entraîner à eux seuls l’ensemble de la machine mondiale ». Sur le long terme, ce gigantesque pays qu’est la Chine va continuer d’offrir de belles opportunités de business, mais les temps ont bien changé.

 

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