fbpx

Des universitaires avec une conviction : l’importance d’un débat ouvert et accessible

Les mutations de l’économie chinoise

Patrick Artus

Patrick Artus

Dialogue économique renforcé. Pierre Moscovici vient d’achever une visite de 2 jours en Chine. Le Ministre Français de l’Economie s’est déplacé avec l’intention d’installer avec Pékin un dialogue économique « de haut niveau ». Mais l’économie locale s’est profondément modifiée. Selon Patrick ARTUS, « la Chine n’est plus un pays émergent. Ce n’est plus un atelier du monde fabriquant les produits pour les pays développés. C’est aujourd’hui un pays émergé tourné de manière très volontariste vers le marché domestique ». Et l’économiste d’illustrer à l’aide de la balance commerciale : « depuis un an, les importations sont restées étales, les exportations ont progressé de 2%. La croissance chinoise repart (entre 7 et 8%) après plusieurs mois de stagnation mais avec des composantes qui ne nous servent pas de manière évidente ».

Ne pas se tromper d’objectif. Pierre Moscovici doit éviter trois écueils. « Aller glaner en Chine des marchés d’exportation, donner des leçons en matière environnementale et sociale » , analyse Patrick ARTUS. Certes, la Chine a encore d’énormes efforts à accomplir, mais le pays veut rattraper les grands pays occidentaux. En conséquence, « les efforts environnementaux sont désormais intégrés dans la politique de développement et les coûts salariaux sont en train de remonter : le salaire minimum augmente en moyenne de 15% par an », précise le Directeur des Etudes de Natixis. C’est avec cette nouvelle donne que nous relations commerciales doivent être envisagées.

Miser sur le marché domestique. Ce qui est consommé en Chine est fabriqué sur place. Donc allons produire là-bas. « Inutile de leur vendre notre TGV ou de les aider à construire des HLM, ils maîtrisent  », insiste Patrick ARTUS. En revanche, ce dernier voit plusieurs autres chantiers d’avenir : « le nucléaire, l’automobile, l’aéronautique en développant les partenariats existants notamment Airbus, la dépollution de l’eau et l’urbanisation intelligente grâce aux nouvelles technologies  ». Voilà dans quel état d’esprit s’inscrit la visite de Pierre Moscovici en Chine. Mais comme le souligne l’économiste : « cela veut dire que l’emploi se développe sur place et pas en France »… sauf à accepter d’aller participer à l’aventure sur le terrain. C’est une partie des emplois de demain.

Les Thématiques