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Parier sur le foot ou parier en bourse ?

imagesL’Euro 2016 de football débute vendredi prochain. Les paris vont aller bon train. Acteurs économiques à part entière, les opérateurs de paris en ligne vont avoir un vif succès, renforcés, ou mis à rude épreuve, par la concurrence. Selon Jean-Paul Betbeze, en sport comme en économie, performance et rentabilité sont intimement liés.

Quelle question ! Comment oser comparer ces deux approches, ces deux technicités ? Et pourtant…

D’abord, souhaitons que l’Euro de foot ait lieu. Ce qui prouvera que nos responsables politiques et syndicaux ont trouvé in extremis une solution pour sortir de la crise actuelle, liée à la loi sur le Travail. Le prix ? On verra plus tard. Les taux longs sont en effet en baisse (le 10 ans France à 0,36 %). Et si la Bourse s’interroge (autour de 4.420 points pour le CAC40), c’est qu’elle regarde les derniers chiffres (mauvais) américains sur l’emploi. La Fed repoussera la hausse des taux courts. Ensuite et plus profondément, au foot ou en bourse, il s’agit toujours de comparer des équipes, donc de parier sur l’une ou l’autre, en prenant des risques.

Le foot, ce doit être une équipe. Elle sera d’autant plus efficace qu’elle sera unifiée, avec de bons éléments bien sûr, mais qui ne jouent pas perso, avec un bon capitaine et une bonne stratégie. Mais surtout ensemble. Bien sûr, il faut aussi des supporters, autrement dit des gens qui achètent des tickets (comme d’autres achèteront des actions). C’est alors que naît le cercle vertueux : plus de supporteurs, c’est plus de ressources pour renforcer l’équipe.

L’avantage du foot par rapport aux entreprises, c’est que le terrain est délimité, les règles relativement plus claires, les juges sur place, les télévisions omniprésentes et les spectateurs partout. Presque de la concurrence pure et parfaite. Ce qui n’exclut pas les risques d’arrangements ou de pressions, surtout sur les clubs plus petits. Mais sans doute pas au niveau de l’Euro ! Ce qui n’exclut pas les blessures et les couacs. Rien n’est jamais sûr, même avec les dream teams. L’essentiel, c’est la régularité des bons résultats. Comme au Real ? Comme en Bourse ?

Une bonne entreprise, ce doit être aussi une équipe, aussi unie que possible, avec son chef, sa stratégie, face à ses concurrents. Mais les nombres de joueurs en entreprise sont évidemment plus nombreux, les terrains multiples, les règles complexes, la transparence variable, les hiérarchies souvent floues, les objectifs multiples, et le jeu ne s’arrête jamais ! La régularité est donc, ici aussi, déterminante. Elle enclenche son propre cercle vertueux : résultats et cours de bourses en hausse, attraction des meilleurs éléments.

Parier au foot est très compliqué. Parier en bourse n’est pas simple non plus. On peut parier sur ceux que l’on croit « les meilleurs », équipes ou entreprises. Mais alors la cote des meilleures équipes est faible, donc le gain réduit en cas de succès, et la valeur des meilleures entreprises est élevée, donc le rendement faible. Au fond, tout dépend toujours de la régularité de la performance, il faut donc que la pression soit toujours là, celle des supporteurs comme celle des actionnaires. Mais rien n’est écrit. Alors il faut se préparer à changer. Et pour gagner plus, il faudra risquer plus : c’est le jeu !

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