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Profiter des taux bas pour poursuivre les réformes

taux-d-empruntJamais vu depuis la crise grecque. Les taux d’intérêt auxquels la France emprunte sur les marchés pour rembourser sa dette n’ont jamais été aussi bas. Le taux à 10 ans est tombé sous 1,7%. A échéance trois à six mois, le Trésor a réussi à emprunter à des taux négatifs (-0,002%). Les investisseurs qui cherchent des placements sûrs acceptent de ne pas gagner d’argent – voire d’en perdre un peu – pour prêter à la France en qui ils ont confiance. Mais attention à l’excès d’optimisme. « Il ne faut pas surestimer la réaction des marchés. Ces derniers ne pensent pas, il réagissent  », estime Anton BRENDER. « Dès que les gouvernements s’affolent, les marchés prennent peur. A contrario, s’ils ont l’impression que les gouvernements reprennent la main sur leurs comptes publics, ils se rassurent  », poursuit l’économiste. C’est ce que nous vivons aujourd’hui. Les pays européens ont compris qu’un excès d’austérité conduisait à l’asphyxie de l’économie.

Facteurs plus généraux. Contrairement aux craintes que la perte de notre AAA avait suscitées à l’époque, on mesure aujourd’hui à quel point l’influence des agences de natation est limitée. Par ailleurs, comme le note Anton BRENDER : « Les banques centrales sont engagées dans des politiques très agressives de retrait de leur dette publique des marchés. C’est le cas notamment du Japon. Cela entraine une baisse de l’offre d’épargne pour des investisseurs qui cherchent des emprunts sans risque. Par ailleurs, nous vivons depuis 6 ans dans un monde de déflation. L’inflation limitée pousse les taux à la baisse. Enfin, les opérateurs constatent qu’il n’y a plus de foyers de crises mal gérés en Europe  ». Cette attitude pragmatique récente est jugée rassurante.

Poursuivre les efforts. Si la situation se détend, il pourrait être tentant de lâcher un peu la bride sur les finances publiques. Grave erreur. « Attention de ne pas déduire que l’on peut renoncer aux réformes. Les niveaux de taux actuels laissent penser que les marchés sont prêts à garder des taux suffisamment bas pour nous donner une certaine latitude dans la gestion de notre conjoncture  », insiste Anton BRENDER. Autrement dit, si un Etat envoie un signal de relâchement, les marchés cesseront d’être conciliants. Le délai de deux ans supplémentaires accordé à la France par Bruxelles pour atteindre son objectif de 3% de déficit public par rapport au PIB aidera Paris à trouver les bonnes solutions. Du moins espérons-le. Il y a urgence.

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