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Introduction – espérer dans un monde de violences

https://www.youtube.com/watch?v=ZAOCdkml64A

Propos introductif de Jean-Hervé Lorenzi, Les Rencontres Économiques d’Aix-en- Provence

Au nom du Cercle des économistes et de sa Présidente Françoise Benhamou, de tous les membres du Cercle des économistes, de toute l’équipe qui a organisé les rencontres de cette 23e édition, j’ai le grand honneur de vous accueillir et de vous dire que nous allons faire quelque chose de formidable durant ces deux jours et demi. Formidable !

Je souhaite vous dire en deux mots les raisons pour lesquelles nous avons choisi ce thème, qui est très original. Ce thème a été développé par l’équipe des Rencontres, menée par Marion Joubert, et il va surprendre : nous croyons que nous pouvons recréer l’espoir.

L’idée est assez simple. Dans ce monde très perturbé, traversé par des violences diverses et variées, nous avons le sentiment que la crise « numéro 1 », celle qui est fondatrice, qui change l’organisation de nos sociétés, c’est la crise de la Covid-19. Elle nous a montré à la fois notre fragilité et l’extraordinaire qualité, le talent, du progrès scientifique tel qu’il a pu se développer en quelques mois. Nous avons tous connu cette incroyable rupture qu’a représentée la recherche des vaccins, l’ARN, etc.

C’est la raison pour laquelle nous sommes convaincus, d’une part, que le monde sera, s’il le veut, dominé par cette vision d’un progrès scientifique incroyable. Et, d’autre part, nous sommes convaincus que, si nous parvenons à rétablir une sorte de dialogue apaisé entre toutes les parties prenantes de la société française, notamment les entreprises, les syndicats, les experts, la société civile, alors la résolution des problèmes majeurs auxquels nous faisons face nous permettra vraisemblablement de nous maintenir sur une trajectoire de croissance positive.

Nous sommes fondamentalement, non pas naïfs, mais optimistes à condition que… Et c’est précisément cette condition que nous allons explorer durant ces deux jours et demi de travail.

Jean-Baptiste Perrier

Tout d’abord, je voulais excuser l’absence du président Éric Berton, qui regrette de ne pas pouvoir être présent avec nous. Il m’a demandé de dire rapidement quelques mots pour remercier le Cercle des économistes, sa Présidente et, bien sûr, Jean-Hervé Lorenzi qui organise des Rencontres passionnantes chaque année, avec maestria. Ce thème choisi « Recréer l’espoir » et cette ouverture « Espérer dans un monde de violences » sont presque prophétiques après ce que nous avons traversé.

Je crois en effet qu’il faut envisager avec optimisme cette question, par ces Rencontres, en associant la société civile, les partenaires économiques, les partenaires politiques et l’université. Je souhaite souligner la présence au programme de certains des collègues d’Aix-Marseille Université. Nous y sommes très sensibles, parce que nous croyons que nous avons aussi notre rôle à jouer en termes de formation, car c’est chez nous que, peut-être, nous allons préparer l’avenir. Ces acteurs du changement que nous imaginerons au cours de ces Rencontres sont peut-être dans nos murs, à Aix-Marseille Université, et bien au-delà.

Je souhaite également dire un mot sur l’espoir que vous voulez créer. Je ne sais pas si le droit est porteur d’espoir, mais l’économie l’est peut-être. Dans la crise des banlieues que nous venons encore de traverser, je ne discute pas de la légitimité, ni de l’action, ni du mouvement, mais nous mettons encore en évidence un fait : trois fois plus de taux de pauvreté dans les banlieues, 10 milliards d’euros versés chaque année dans les plans banlieues… Nous voyons que cela ne fonctionne pas. La proposition de recréer l’espoir suppose donc le renouvellement d’un pacte social, et je pense que les propositions qui seront faites à l’occasion de ces Rencontres seront extrêmement pertinentes et pleines de sagacité, comme toujours. Un grand merci à toutes et tous pour cette organisation.

Sophie Joissains

Je crois que le droit, s’il n’est pas toujours facteur d’espoir, est de toute façon facteur de stabilité ; or, c’est un qualificatif dont nous avons également besoin en ce moment dans notre société. Un immense merci à Jean-Hervé Lorenzi, à Marie Castaing et à toute l’équipe des Rencontres Économiques. Marie Castaing a toujours eu l’instinct de permettre une « carte blanche » aux Rencontres. Carte blanche, parce que les Rencontres ont évolué depuis 23 ans, toujours dans une ligne de grande qualité. Cette qualité fait que nous sommes aujourd’hui tous réunis autour de 67 personnalités in situ, de 387 intervenants, de 6 000 personnes attendues parmi le public, pour discuter de l’ensemble des thématiques d’une société difficile.

Une société post-traumatique après les événements de la Covid-19, une société qui se cherche dans le contexte de réchauffement climatique. Nous avons beaucoup d’outils à mettre en œuvre. Je citais tout à l’heure la visite de Renaud Muselier en Israël sur les problèmes de l’eau. Nous avons d’immenses défis à relever. Nous avons besoin d’outils pour transformer le monde, mais aussi, évidemment, d’espoir. Or, l’espoir ne peut se concevoir sans perspectives. C’est aujourd’hui ce que les Rencontres souhaitent mettre en place pour les jours qui viennent.

Ce sera la rencontre de personnalités extrêmement différentes, le monde universitaire, celui des penseurs, le monde économique, politique, des financeurs, de la recherche. Aix-en-Provence est à la pointe en matière d’université, de recherche, d’économie. Nous sommes le poumon économique de ce territoire avec 21 000 entreprises et le quatrième technopôle au monde. Nous allons foncer, merci encore à tous.

Renaud Muselier

Merci à toutes et tous pour votre présence, toutes mes excuses pour mon léger retard de ce matin mais nous avons voté en Commission plénière à la Région près de 10 millions d’euros pour tous les commerces qui ont été pillés et 2 millions d’euros pour venir en aide aux forces de l’ordre par la suite.

J’adore les Rencontres. Pourquoi ? Parce qu’ici, nous sommes dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, à Aix, capitale des Arts, des Lettres, de la Culture, du Droit. Et fixer cette réflexion auprès de personnalités mondiales qui vont nous amener une expérience, un savoir-faire, une évolution, fait en sorte que de nombreuses personnes se déplacent ici pour grandir intellectuellement, humainement, psychologiquement, politiquement. Et pourquoi est-ce utile ? Parce que la Région, j’ai le plaisir de le rappeler, est un petit pays de 5 millions d’habitants : nous avons la taille de la Belgique et la population de la Finlande, et nous avons le PIB de la Nouvelle-Zélande. Ce petit pays fait 1 000 kilomètres de côtes ; nous sommes la Provence, les Alpes, la Côte d’Azur, nous sommes le Sud, des caractères bien particuliers. Nous pouvons montrer qu’au-delà de nos cigales, de notre mer et de notre soleil, de nos lavandes, nous avons de très grosses entreprises installées ici, nous avons un développement économique très fort, piloté par la Région, nous allons investir d’ici 2028 avec l’aide de l’Europe, plus de 30 milliards d’euros sur le territoire régional. Nous devons le faire au profit d’une stratégie qui fixe nos emplois, qui protège notre environnement et qui nous rend plus heureux, de façon à nous trouver dans la région du bonheur.

Et cette région du bonheur, vous y contribuez avec ce thème. Je ne supporte plus les cassandres, celles qui nous ont expliqué que nous ne nous en sortirions pas après la Covid-19, voire pendant. Elles nous ont expliqué que nous aurions beaucoup de difficultés cet hiver, sans électricité. Que nos plages, hôtels et restaurants seraient vides cet été. Nous n’avons jamais fait une aussi bonne saison dans nos Alpes que cet hiver. Et finalement, quand l’intelligence humaine se met au service d’un projet, d’un territoire, d’une économie, de la protection de son environnement, nous parvenons à une stratégie. Le tout est de ne pas se tromper sur le diagnostic.

À la Région, qui pilote la totalité de votre vie, nous essayons de mettre les moyens financiers à notre disposition, au service d’un projet. Nous ne sommes le tiroir-caisse ni des autres collectivités, ni de l’État. Nous sommes ici aux côtés de responsables politiques que je tiens à saluer, je vous remercie tous d’apporter votre contribution intellectuelle au choix des décideurs que nous sommes, forts des mandats qui nous ont été confiés pour faire en sorte que ces choix nous amènent vers le mieux.

Ça, Monsieur Lorenzi, vous savez le faire. Vous mélangez tout le monde, nous faisons en sorte de prendre les meilleurs et de leur demander ce qu’ils peuvent nous apporter par rapport à leurs ambitions. Ils viennent volontiers car vous savez les recevoir sur un beau territoire. Et il est vrai que la Provence-Alpes-Côte d’Azur est le territoire du bonheur.