Qu’attendre des marchés financiers en 2026 ? Pour Jean-Paul Betbeze, plus que jamais l’analyse doit tenir compte du brassage des concepts entre révolution technologique, bourrasques géopolitiques et guerres, par droits de douane interposés.
Des marchés dopés depuis dix ans, malgré les crises
Janvier 2026, comme en chaque début d’année, les boursiers se posent deux questions. La progression va-t-elle continuer ? Un krach mondial est-il imminent ? De fait, tout va bien depuis dix ans. L’indice américain des 500 plus grosses valeurs passe de 2 000 en début 2015 à près de 7 000 actuellement. Le Cac 40 passe de 4 300 à 8 160 aux mêmes dates. Soit 3,5 et 1,9 fois plus, Covid absorbé. Nous sommes habitués à ce type d’interrogations après de telles séquences. La liste s’allonge des deux côtés de l’interrogation. On y trouve des éléments positifs (voire très positifs) et négatifs (voire très négatifs).
La technologie, moteur intact de la croissance mondiale
Du côté positif, il ne faut jamais oublier que la croissance vient toujours de l’actif des entreprises, des investissements qu’elles entreprennent. Les projets ne manquent pas. Il faut exploiter la révolution technologique en cours et gérer les changements climatiques. Dans la vague actuelle d’innovations, jamais le monde n’a été autant embarqué dans un même mouvement ascendant. Il reste solidaire en temps réel de ce qui se dit, se passe, est tenté et réussi. Les résultats apparaissent avec fulgurance.
Nvidia, Tesla : signaux d’euphorie ou d’alerte ?
Apple et ses 4 100 milliards de dollars de capitalisation, fait figure d’ancêtre, avec son « prudent » multiple de résultat de 34. Nvidia, le dernier né, affiche 4 550 milliards de capitalisation et un multiple de 47. Il guide le troupeau mondial de la tech, puis celui des bourses mondiales. Tesla joue le rôle du canari dans la mine. Sa capitalisation atteint 1 400 milliards environ. Son multiple grimpe à 280. S’il s’arrête de chanter, le drame approche. Où s’abriter ? Rien ne vient. la croissance américaine se poursuit, avec certes un peu plus d’inflation et des taux Fed toujours à la baisse, pour continuer. Trump est plus pro-croissance que jamais un Président ne le fut. Il faut donc avancer !
États surendettés, produits financiers hybrides : le retour des vieux risques
Du côté du négatif, autrement dit du côté des profits s’ils fléchissent, et surtout des dettes qui ne cessent de croître, on s’inquiète. Les dettes publiques passent les limites prévues en Europe. Les pays de la zone euro s’endettent désormais pour s’armer et aider l’Ukraine, sans l’inscrire dans leurs propres comptes, mais dans ceux de l’Union. Pratique ! Les États-Unis, désormais farouchement hostiles au e-dollar qui pourrait fragiliser les trésoreries de leurs banques. Ils vantent les stable bonds et y logent leurs bons du trésor, ni vu ni connu, produits que les banques achètent. Les obligations Belong Limited promettent 7,5 % par an jusqu’en juillet 2032. Un goût de subprime pour les anciens, devant les faillites de Tricolor (prêts automobiles) et de First Brands (pièces détachées), anciens qui rappellent cette sagesse bancaire : quand on voit une blatte (cockroach), elle n’est pas seule.
Quand géopolitique, innovation et guerre commerciale se télescopent
En réalité, on n’a jamais l’un sans l’autre : le progrès sans l’excès. Toute action peut baisser comme monter. Ce qui se passe actuellement reste un rare brassage des concepts. Révolution technologique, bourrasques géopolitiques et guerres par droits de douane interposés bouleversent les règles et résultats de valorisation. On peut dire que le titre Nvidia est cher, sauf si l’entreprise fait des puces uniques au monde et pour le monde. La DeepSeek chinoise la fait tanguer un temps. Le marché analyse puis se calme. Moore Threads Technology prend le relais. Fondée par l’ex-directeur de Nvidia en Chine, elle bondit de 400 % à sa naissance le jeudi 4 décembre et lève 8 milliards de yuans (1,1 milliard de dollars). Les demandes dépassent 4 000 fois l’offre. La chasse au futur Nvidia est ouverte et animera les bourses.
Plus d’inconnues en 2026, mais toujours la force de l’innovation
Il faudra traiter ces informations : c’est de moins en moins facile, ouvert aux erreurs, aux biais, mais les corrections boursières sont possibles, en théorie. 2026 s’ouvre à plus d’inconnues géopolitiques que jamais, mais on ne peut oublier les innovations en cours : elles sont faites pour les surmonter.