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Faire renaître l’industrie grâce à l’innovation

Amorcés au cours des années 2010, la prise de conscience de la nécessité de réindustrialiser la France et le mouvement effectif qui s’en est suivi se sont accélérés au début des années 2020 avec la pandémie de la Covid-19 et la guerre en Ukraine, ces deux crises bousculant les chaînes de production et en mettant en lumière les faiblesses de la France dans son autonomie industrielle.

Depuis 2017, accompagnant la création d’usines, 80 000 emplois nets dans l’industrie ont été créés et la part de l’industrie dans le PIB s’est (enfin) stabilisée. C’est aussi, rappelle Nicolas Dufourcq, au cours de cette décennie que Bpifrance a été créée, en 2013.

Dans un contexte de mondialisation exacerbée où le protectionnisme est devenu monnaie courante, la France doit adopter une « mentalité de pays émergent » envers son industrie, affirme Nicolas Dufourcq. Devenir champion de filières industrielles, principalement à haute valeur ajoutée, passe par un accompagnement au plus près des entreprises innovantes, tant en matière de financements que par le renforcement du fonctionnement de l’économie en « technopôles » de connaissances où les mailles reliant entrepreneurs, universités et financeurs doivent être resserrées. La réindustrialisation est aussi au premier plan un défi technologique qui doit permettre d’accompagner et accélérer la décarbonation de la France.


La crise sanitaire et la guerre en Ukraine ont été un violent rappel des points de fragilité nés de l’éclatement de nos chaînes de valeur industrielles, disséminées sur l’ensemble du globe, résultat de 40 à 50 ans de mondialisation des échanges. Couplées aux enjeux de profondes transformations de notre appareil productif que requiert la transition climatique, et en Europe à la question d’une énergie plus chère qu’avant la crise, c’est donc une succession de nouveaux défis qui se présentent à l’industrie française, qui n’en manquait pourtant pas. La renaissance de l’industrie en France est pourtant possible et l’innovation est, plus que jamais, la clé de ce renouveau.

La réindustrialisation, un processus de long terme qui ne peut passer que par l’innovation

Le processus de désindustrialisation du territoire français a été profond. Le constat est établi de longue date. Du milieu des années 90 au milieu des années 2010, en près de 20 ans, l’économie française a vu disparaître près d’1 million d’emplois manufacturiers sur son territoire. On pourrait en réalité remonter plusieurs décennies en arrière mais cette période est instructive dans la mesure où ce mouvement n’a pas été vécu avec la même intensité par l’ensemble des pays industrialisés (l’Allemagne ou la Suisse en étant les exemples type avec un poids de l’industrie dans le PIB resté stable durant la même période).

Non pas tant que les entreprises françaises aient perdu la capacité de produire et de vendre leurs produits dans le monde entier. La France dispose toujours d’entreprises industrielles performantes et puissantes, avec un rayonnement mondial. Mais plus que chez nos voisins, à l’exception peut-être du Royaume-Uni, elles ont développé fortement leur base productive hors des frontières. Dans un contexte de mondialisation exacerbée par l’entrée de la Chine dans l’OMC en 2001 et d’entrée de la France dans la zone euro à peu près à la même période, la base productive localisée en France s’est nettement affaiblie. Sans revenir sur l’ensemble des facteurs qui ont pu aboutir à ce mouvement, détaillé dans un ouvrage où j’ai voulu faire témoigner l’ensemble des parties prenantes de cette époque, le résultat est là. Un poids de l’industrie dans le PIB passé de 15 % à 10 %, un emploi en forte baisse, des entreprises toujours conquérantes mais dont les ventes de leurs filiales étrangères représentent près de 3 fois leur valeur ajoutée domestique (contre une parité pour les entreprises allemandes, italiennes, américaines ), un déficit commercial large et persistant et un affaiblissement durable des territoires voyant l’activité industrielle s’éroder.

Il est apparu clair aux gouvernements qui se sont succédés depuis 2012 que cette situation devait être enrayée et inversée. Un rebond que les politiques publiques s’efforcent de stimuler de plus en plus vigoureusement. Si l’écart de compétitivité-coût qui s’était creusé avec nos partenaires et concurrents proches en Europe (Allemagne, Europe du Nord) au début des années 2000 a conduit à un effort important de reconvergence depuis, via notamment l’allègement de cotisations sur les salaires et dernièrement la baisse des impôts de production, aucune politique ne peut résoudre à elle seule des écarts de compétitivité coût structurels avec les pays d’Europe de l’Est ou du Sud, et encore plus avec des pays émergents. Ces politiques plus favorables à l’offre, ne s’entendent donc que comme une condition nécessaire pour améliorer les marges de manœuvre des entreprises françaises, leur permettant d’investir et d’innover, de se numériser et de s’automatiser, véritables leviers pour construire une offre locale solide et compétitive. Il est tout aussi clair qu’un tel mouvement ne peut s’inscrire que sur un temps long et avec le fruit de politiques profondes et patientes. La création de Bpifrance, en 2013, a d’ailleurs été un des jalons dans cette voie, avec pour mission notamment de soutenir la capacité d’innovation des entreprises industrielles, et pallier des capacités d’autofinancement longtemps dégradées pour ces entreprises exposées à une rude concurrence internationale et mal positionnées en gamme.

Des premiers succès de ces politiques ont été enregistrés, sur les années précédant la crise sanitaire, avec une relative stabilisation du poids de l’industrie dans le PIB, un rebond des créations d’emplois industriels dans l’économie (+80K environ depuis fin 2017) inversant un mouvement continu de contraction depuis 2001, un bilan net de créations d’usines recensées par différents baromètres de plus en plus positifs ou encore une dynamique de plus en plus forte des investissements étrangers industriels. Les marges de progression sont pour autant encore importantes. La France accusant toujours un déficit d’innovation à combler : un retard persistant de près de 1 point de PIB de dépenses de R&D ou un taux de PME industrielles innovantes, à 54 %, inférieur de 20 points à l’Allemagne, la poursuite de cette politique de l’offre, favorable à la compétitivité des entreprises, est donc essentielle pour réussir à faire renaître l’industrie sur nos territoires.

Des défis qui s’accumulent et renforcent l’enjeu clé de l’innovation

Face à ces enjeux structurels de compétitivité de l’industrie française, de nombreux défis sont apparus ou se sont renforcés ces dernières années qui vont devoir être relevés par l’industrie nationale pour atteindre son objectif de renouveau.

D’une part, la guerre en Ukraine est passée par là et la remise en cause des approvisionnements énergétiques européens est un défi de taille pour les industriels du continent. Les prix du gaz et de l’électricité en Europe, quoique revenus à des niveaux nettement inférieurs au pic atteint à l’été 2022, restent significativement plus élevés qu’avant la crise sanitaire et que ceux pratiqués dans d’autres zones géographiques. La baisse de la consommation énergétique européenne constatée pendant l’année écoulée est certes venue d’une plus grande sobriété et efficience des ménages et entreprises, mais aussi d’une baisse parfois nette de la production dans l’industrie lourde, de 10% à 20% dans certaines activités.

D’autre part, la compétition mondiale s’intensifie énormément sur les secteurs de moyenne à haute technologie. Avec le retour de politiques industrielles de plus en plus affirmées (et de moins en moins compatibles avec les règles de l’OMC), une économie comme la France fait face à la fois à des pays émergents de plus en plus engagés dans la montée en gamme de leur industrie, parfois leaders technologiques sur certains segments, et à la fois à des pays industrialisés bien décidés à reconsolider des chaines de valeur industrielles sur leur territoire. Le secteur automobile chinois, devenu désormais exportateur net après le développement fulgurant de son offre de véhicules électriques, en est un exemple. Le poids de cette même économie dans la production de technologies clés pour la transition écologique (photovoltaïque, éoliennes, pompes à chaleur..) en est un autre. Du côté des pays industrialisés et notamment des Etats-Unis, des politiques industrielles de plus en plus volontaristes comme l’Inflation Reduction Act ou le Chips Act, parfois protectionnistes, montrent bien que la réindustrialisation demandera de très gros efforts pour se maintenir dans la course.

En surplomb de tout cela, la transition écologique ajoute un jeu de défis supplémentaires à celui de la réindustrialisation. Elle suppose en effet un profond mouvement de décarbonation des processus industriels, en particulier dans l’industrie lourde qui concentre les émissions, de même que la maîtrise et le développement d’une offre compétitive sur des technologies « vertes » clés (hydrogène, batteries, mobilité bas carbone, pompes à chaleur…). Et tout cela dans un monde où les politiques de décarbonation restent fondamentalement non coordonnées, donc potentiellement nuisibles à court terme à la compétitivité.

Jusqu’à présent la causalité s’est révélée plutôt négative entre décarbonation et industrialisation. La désindustrialisation a en effet plutôt favorisé par le passé la baisse des émissions nationales (en baisse de 23% depuis 1990, celles de l’industrie manufacturière ont baissé deux fois plus vite), une baisse d’ailleurs en trompe l’œil puisque la France devenait de plus en plus importatrice nette de carbone (avec pour finir une empreinte carbone de la demande française 50% plus élevée que les émissions nationales). Cette causalité négative est un risque important, en particulier en cas de tempo imposé par une transition « désordonnée ». Une illustration s’en est faite l’hiver dernier avec l’impact de la brusque montée des prix de l’énergie sur la production de l’industrie lourde. Face à ce type de causalité négative, l’innovation est la seule issue possible.

Réussir la réindustrialisation par l’innovation, quelques pistes

Tous ces défis et la compétition intense qui s’installe pourraient effrayer. Nous pensons au contraire et plus que jamais que le chemin vers la réindustrialisation est possible en France, avec la volonté, les bons outils et les bons moyens. Comme on l’a dit précédemment des indicateurs de plus en plus positifs se sont fait jour sur le front de l’industrie française ces dernières années et montrent que les changements de paradigme sont possibles, pour peu qu’on y mette la patience et la résolution nécessaire.

Dans le domaine de l’innovation au sens large, la France a su très fortement développer un écosystème de la tech profond et performant sur les 10 dernières années, à l’aide d’une boîte à outils complète et performante de financement. Du côté de l’industrie, La France dispose toujours d’une ossature importante de leaders technologiques sur le territoire. Elle dispose également d’une science de haut niveau, des talents dans les universités, des laboratoires, et d’un terreau d’entrepreneurs performants et ambitieux.

Partant de ces leviers, les quelques points développés ci-après dressent un certain nombre de pistes et de leviers pour réussir la réindustrialisation par l’innovation, particulièrement sur le versant du financement sur lequel Bpifrance se mobilise déjà et se mobilisera encore plus dans les prochaines années.

Développer un écosystème de la deeptech performant et permettre l’émergence de startups industrielles

Un premier travail important se joue tout en amont sur la création de nouvelles activités industrielles. Pour relancer la démographie des entreprises industrielles, il est important d’augmenter à l’entrée le nombre de startups deeptech, portées par des entrepreneurs souvent issus du monde de la recherche et inventeurs d’objets complexes. En effet, un grand nombre de ces startups à haute intensité technologique ont vocation à créer des sites industriels, d’ailleurs nativement décarbonés et numérisés.

Il s’agit notamment de parvenir à décloisonner le monde de la recherche en rapprochant les universités et structures de transferts de technologies, des écosystèmes d’entrepreneurs et d’investisseurs, et à accélérer la croissance de ces startups via un continuum de financements dédiés. C’est l’objet du Plan Deeptech de Bpifrance, lancé en 2019, visant à faire de la France un acteur majeur de l’innovation de rupture à l’échelle internationale, avec l’ambition de faire émerger 500 startups deeptech par an à horizon 2025. Ces ambitions ont été renforcées par les moyens mis à disposition par le programme France 2030 et une plus forte coordination avec les acteurs académiques pour fortifier la dynamique de création.

Nous voyons les premiers résultats. Avec 1 800 startups deeptech actives (320 créées en 2022, un rythme de création deux fois plus élevé qu’il y a 5 ans), le paysage de l’innovation de rupture en France est en train de changer profondément. Avec un accompagnement et un financement complet de l’anté-création au financement des lignes de production.

Au-delà des seules deeptech, c’est tout un écosystème de startups à vocation industrielle qu’il faut accompagner par des capitaux patients. Bpifrance a lancé dans ce contexte en 2021, dans le cadre de France 2030, le Plan Startups et PME industrielles visant à mobiliser 2 Md€ entre 2022 et 2025 à travers des dispositifs d’aides, de prêts, d’investissements et d’accompagnement. Cette intervention est d’autant plus cruciale qu’on note encore des difficultés à trouver des cofinanceurs privés sur ces projets d’investissement amont, innovants et très capitalistiques.

En soutenant ces startups et PME industrielles françaises dans leurs démarches d’innovation , l’objectif est de faire émerger 100 nouvelles usines par an à l’horizon 2025 (en plus du flux « naturel » de créations d’usines françaises) et 10 licornes industrielles à l’horizon 2030. 35 startups avaient déjà inauguré des sites industriels en 2022.

Ce soutien à l’innovation industrielle amont est également clé pour générer une industrie compétitive et nativement décarbonée. En 2022 près de la moitié des startups industrielles qui ont levé étaient identifiées comme greentech, c’est-à-dire comme offreuses de solution pour la transition climatique de notre économie (avec par exemple une levée importante de la startup Verkor). Autre chiffre parlant : 81% des usines créées en 2022 par les startups industrielles issues de la recherche sont des greentech.

Financer l’innovation et la décarbonation des PME et ETI industrielles par un porte-à-porte de masse

Le renouveau du tissu des PME, ETI comme grands groupes industriels sur nos territoires, notre French Fab, appelle un renouvellement profond des gammes et modes de production par l’innovation et la décarbonation. C’est la raison d’être de Bpifrance depuis sa création que d’accompagner cette transformation par un financement mais aussi une offre d’accompagnement adaptée.

Sur le volet de la décarbonation, concrètement, c’est un porte à porte de masse de 20 000 PME et ETI que nous visons à l’horizon des cinq prochaines années afin d’offrir tous les outils nécessaires aux entrepreneurs pour s’engager dans le développement d’une offre décarbonée et compétitive. Cela passe par de l’accompagnement à la définition de la feuille de route de transition et des actions opérationnelles qui en découlent, par la prise en charge partielle des premières dépenses liées à la transition et le soutien à des financements longs et adaptés pour faire évoluer les appareils de production.

Le financement et l’accompagnement de l’innovation, de la robotisation et de la numérisation des processus de production restera également clé pour assurer la compétitivité des PME et ETI industrielles. Bpifrance va continuer de mobiliser toute sa gamme de financement, d’accompagnement pour, au côté du financement privé, donner les leviers nécessaires à ces entreprises pour réussir ces transformations. Une conviction est également que faire renaître l’industrie par l’innovation ne concerne pas seulement les secteurs de haute technologie détenant une propriété industrielle nouvelle, mais également toute innovation d’usage, de procédés (robotisés, décarbonés) permettant de renforcer la compétitivité, le positionnement en gamme et partant la différenciation des entreprises. Là aussi la chaîne de financement, de la subvention au prêt et à l’investissement en fonds propres, l’accès à une offre d’accompagnement adaptée, doit être capable de soutenir l’émergence de ce type de projets industriels.

Soutenir les investissements stratégiques dans les grandes unités de production sur le territoire

La réindustrialisation du territoire et le rééquilibrage de notre déséquilibre extérieur passe également par la capacité à faire sortir de terre de très grandes unités de production, en particulier dans les technologies clés d’avenir.

Dans une compétition mondiale et européenne exacerbée, cela nécessite et nécessitera une contribution forte de la puissance publique pour faire sortir de terre de nouvelles « cathédrales industrielles ». La France s’est dotée de moyens importants avec France Relance et France 2030 pour soutenir la création de gigafactories telles que l’usine de microprocesseurs de Crolles, l’usine de batteries de Douvrin ou une ligne pilote d’électrolyseurs automatisée à Béziers.

Outre le développement de capacités de production sur les technologies clés de la digitalisation et de la décarbonation, il s’agit également de parvenir à transformer les grandes unités actuelles fonctionnant sur des technologies de production encore brunes. La décarbonation de l’industrie lourde doit être à ce titre une priorité. C’est une contrainte mais également une opportunité que conférera bientôt des barrières tarifaires de plus en plus fortes mises en place par l‘Union européenne. Plus l’industrie lourde réduira son empreinte carbone et plus la filière pourra profiter d’une relative protection de la taxe carbone aux frontières. L’effort d’investissements à fournir, notamment dans l’électrification et la séquestration du carbone, et qui requerra inévitablement une part de soutien public, est en train d’être défini par la constitution de feuilles de routes de décarbonation des 50 principaux sites industriels émetteurs français.

S’assurer du développement des compétences nécessaires à la renaissance industrielle

Pour que tout scénario de réindustrialisation fonctionne, il faut que ce dernier « boucle » sur un certain nombre de paramètres, et pas seulement celui du financement des investissements innovants industriels.

Les besoins seront inévitablement importants en termes d’infrastructures, et notamment d’infrastructures énergétiques pour accompagner les besoins d’électrification, de développement d’hydrogène décarboné… Là aussi pour que ce besoin d’équipement participe pleinement à la réindustrialisation, le soutien à l’innovation dans les filières où un retard technologique a été pris, comme l’éolien ou le photovoltaïque, sera essentiel. De la même manière que sur certaines des technologies clés liées à l’industrie du futur et la décarbonation ou un certain retard existe, la France doit adopter pour le dire avec provocation, une mentalité de pays émergent. C’est-à-dire accepter de ne plus faire la course en tête sur certaines technologies, et faire dans les prochaines années ce que la Chine a très bien su faire depuis 20 ans.

La réindustrialisation passera également par une mobilisation des talents indispensable pour que les filières industrielles puissent réussir le défi du rebond et de l’innovation. Nous aimons raisonner sur un objectif chez Bpifrance de rebond du poids de l’industrie manufacturière de 10% à 12% du PIB à un horizon que l’on situerait autour de 2035 (soit un mouvement de réindustrialisation de 20 ans environ après le mouvement inverse observé depuis 1995 et commenté précédemment). On peut estimer par un simple calcul qu’aux conditions de productivité tendancielle de l’industrie (pré-crise sanitaire), il faudrait environ 400K à 500K emplois supplémentaires dans l’industrie à cet horizon 2035 pour que le secteur reprenne plus de poids dans le mix productif national. Les enjeux en compétences sont donc considérables. D’après une étude récente, les facteurs liés à la disponibilité des talents et la solidité des écosystèmes industriels et d’innovation pèseraient d’ores et déjà pour 22% dans les décisions d’investissement industriels, proche du poids des coûts (28 %). Les difficultés persistantes de recrutement, les classements peu flatteurs depuis plusieurs années de la France en termes de formation initiale montrent que l’enjeu du capital humain est crucial pour notre pays. Et particulièrement dans l’industrie en forte demande de compétences technologiques de pointe. Cela passe par un effort sans précédent sur la formation initiale et continue mais également sur une politique migratoire intelligente, ce que nous avons évoqué dans une étude récente de notre think tank, Bpifrance Le Lab. Nous croyons beaucoup également à l’amélioration de l’attractivité et de l’image de l’industrie, éléments incontournables pour stimuler la formation des actifs français présents et futurs.

Au total, les efforts à réaliser pour faire renaître notre industrie sont importants et demanderont patience et constance en s’inscrivant dans le temps long. La désindustrialisation a mis plusieurs décennies à s’opérer. La réindustrialisation en fera de même. Les forces de régénération de notre tissu industriel sont déjà présentes et il est de notre devoir pouvoirs publics, entrepreneurs, collaborateurs et citoyens de nous mobiliser pour cette grande cause pour notre économie et notre société.


Bibliographie

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  • Bpifrance, Bilan du Plan Deeptech à 4 ans, mars 2023
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