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Les valeurs pétrolières ont-elles touché le fond ?

1cfde881706ad0ba0c434d0a5e85ecc3-627x376Les jours se suivent et se ressemblent sur le marché pétrolier. Les cours du brut restent à leurs plus bas et les entreprises du secteur sont fortement impactées. Selon Bertrand Jacquillat, les valeurs pétrolières ont probablement touché le fond et pourraient remonter en 2016.

 

Après deux années de forte sous-performance boursière en 2014 et 2015 (respectivement -30.6% et -31.4% pour les parapétroliers ; -7.2% et -10.8% pour les pétroliers contre +4.1% et +10.3% pour l’indice EURO STOXX), le secteur des parapétroliers continue de baisser fortement (-20.2% en moyenne depuis le début de l’année avec la palme revenant à Vallourec, -43.1%) tandis que les sociétés pétrolières, de leur côté, résistent mieux avec une performance boursière similaire à celle de l’indice, – 7.2% en moyenne depuis le début de l’année.

Les compagnies pétrolières s’attendent à une année 2016 encore difficile, une année plus dure même que 2015, où elles ont dû faire des coupes claires dans leurs budgets d’exploration-production et supprimer des dizaines de milliers d’emplois. De même que les cours des mines d’or sont tributaires des cours du métal, les cours des compagnies pétrolières dépendent du prix du baril, tout en atténuant leurs fluctuations dans les deux cas.

L’année dernière, le  baril de brut de la Mer du Nord a perdu 35% de sa valeur, alors qu’il avait cédé 48% en 2014. Le baril a perdu 75% de sa valeur depuis son record de l’été 2014 où il caracolait à 114$. Avec un baril de pétrole au plus bas autour de 30 $ aujourd’hui, et des estimations à 50 $ en moyenne sur les douze prochains mois (contre 58 $ en 2015), les grandes compagnies pétrolières vont encore réduire la voilure et couper dans les dépenses, d’investissement notamment.

Les cours des valeurs pétrolières ont été beaucoup plus résilients et devraient le rester dans la mesure où les entreprises du secteur vont continuer à emprunter – étant donné que leurs ratios d’endettement sont faibles – pour préserver les dividendes versés aux actionnaires. Leur maintien étant considéré comme une priorité absolue. Mais la réduction des coûts et des dépenses passera par celle du nombre de projets, et continuera à plomber les parapétrolières.

De cet océan de noirceur à la couleur même de la matière première, il y a quelques lueurs d’espoir. D’abord, plus grande est la violence des cycles vers le bas et plus les rebonds sont probables et importants. Il y aurait un certain nombre de raisons à entrevoir la possibilité d’un rebond, d’abord une contraction de l’offre avec la consolidation du secteur, à la suite de la disparition d’un certain nombre d’acteurs.

Ceci facilitera l’augmentation des prix du baril, d’autant que les craintes des perturbations apportées par l’entrée de l’Iran – qui dispose des quatrièmes réserves mondiales – sur le marché mondial sont exagérées. L’Iran ne pourra pas augmenter sa production de manière significative en 2016 du fait de la longueur des processus d’investissement pour rétablir les infrastructures pétrolières. Les valeurs pétrolières ont probablement touché le fond et pourraient révéler quelques bonnes surprises dès 2016.

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