30 universitaires et une conviction : l'importance d'un débat ouvert et accessible

La France n’a pas de marges de manœuvre budgétaire

Deutschland, Frankfurt, 12.03.2015 Der Neubau der EZB (Europaeische Zentralbank) | Germany, Frankfurt, 03.12.2015 The new ECB (European Central Bank) | [Copyright by: Sepp Spiegl, Tel.: 0228 9483026, Fax.: 0228 9483027 {53129 Bonn, Moselweg 32, Deutsche Bank-Bonn, Kto.: 314967101, Blz.: 38070059]/PHOTOWEB_1656.10/Credit:Sepp Spiegl/PHOTOWEB/SIPA/1503131703

Aider la BCE. Une politique budgétaire plus expansionniste faciliterait la tâche de la Banque centrale européenne pour stimuler la reprise dans la zone euro. C’est la conviction de Benoît Coeuré, mais peu de pays disposent selon lui de marges de manœuvre. « Un meilleur soutien de la politique budgétaire permettrait à la BCE de mieux faire son travail, c’est notre conviction. Maintenant, la nature de ce soutien budgétaire est nécessairement différente selon les pays en fonction de leur situation budgétaire et de leur situation économique », souligne l’économiste. Pour BenoÎt Coeuré, « force est de constater qu’il y a très peu de pays dans la zone euro qui ont des marges de manœuvre budgétaires. Je ne pense pas que ce soit le cas de la France ».

Ne plus augmenter la dette. « La dette publique de la France a très rapidement augmenté au cours des dix ou quinze dernières années. Peut-on vraiment se permettre aujourd’hui de conseiller à un gouvernement français, quel qu’il soit, d’augmenter à nouveau la dette ? Je crois que la réponse est non », précise Benoît Coeuré. Et l’économiste de rappeler les marges de manœuvre à la disposition de tous les pays de la zone euro pour mieux doser la politique budgétaire : « faire un effort sur les dépenses improductives, réorienter la politique budgétaire vers ce qui est favorable à la croissance, soit baisser les impôts lorsqu’ils sont trop élevés, soit faire des dépenses d’investissement public notamment pour les jeunes, la recherche l’innovation, là où c’est utile ».

Brexit or not Brexit. Le regard de Benoît Coeuré est à replacer dans le lourd contexte européen à la veille du referendum sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l’Europe. Selon ce membre du directoire de la BCE, Francfort se « prépare à toutes les éventualités ». Lors d’un entretien à la chaine de télévision France24, l’économiste s’est aussi déclaré favorable à un nouvel allègement de la dette grecque. Les deux sujets sont intimement liés en termes de confiance, de l’opinion et des marchés. « Nous avons une responsabilité qui est de rassurer sur les conséquences possibles d’un Brexit si cela se réalise, ce que nous ne souhaitons pas, notamment sur la confiance des acteurs économiques et sur la stabilité des marchés financiers ». Quant à la dette grecque, elle « a été restructurée déjà deux fois. Est-ce qu’un troisième allègement est nécessaire? La réponse est oui », selon l’économiste. Objectif : remettre le fardeau financier sur une trajectoire soutenable et recréer de la productivité dans l’économie grecque.

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