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Chômage en hausse, pouvoir d’achat en baisse : cocktail explosif

chômageDécrochage justifié. Après la hausse du chômage en février quasi historique depuis 1997, la baisse du pouvoir d’achat en 2012 – pour la première fois depuis 30 ans – douche les espoirs du gouvernement de voir le moral des Français se redresser. En cause ? Les impôts. « Le gouvernement a fait une erreur folle d’augmenter les taxes à un moment où l’économie était déjà en ralentissement. Cela n’a fait que précipiter le mouvement  », analyse Jean-Paul BETBEZE. Ce sentiment explique et crédite le décrochage du Président de la République dans les dernières enquêtes d’opinion.

Les sources du mal. Selon le directeur de JPB Conseils, cette baisse historique du pouvoir d’achat s’explique par trois raisons au moins : « la baisse du revenu après impôts qui a, de facto, entrainé une baisse de la consommation… enfin, à l’instar des ménages, les entreprises ont eu des comportements beaucoup plus prudents que d’habitude en terme d’investissements et de stocks  ». Les différents messages purement politiciens envoyés sur les profits honteux des entreprises, la nécessité de taxer les actionnaires jugés avides de richesses… bref, le manque de discernement dans le discours, a eu pour effet de pousser les entreprises à freiner l’investissement et jouer sur leurs stocks par manque de confiance en l’avenir. « L’entreprise investit moins et ‘’destocke’’ pour être moins dépendante du crédit bancaire  », souligne Jean-Paul BETBEZE pour qui « la conséquence est une moindre activité, donc une moindre croissance, un impact direct sur l’emploi, donc sur les salaires et le pouvoir d’achat ». La boucle est bouclée.

Pas d’amélioration attendue. Pour consommer, il faut le moral. Or, «  moins de consommation, donc moins de croissance, moins d’emploi et des salaires bloqués… ce cercle vicieux ne peut malheureusement que nous amener vers une phase récessive », prévient l’économiste. L’INSEE a commencé à donner la couleur en confirmant le repli du PIB de 0.4% au quatrième trimestre 2012. Ce mercredi 10 avril, elle prévoit une croissance limitée à 0.1% pour les trois premiers mois de 2013. Le principe selon lequel la récession se concrétise au terme de deux trimestres consécutifs de repli du PIB est donc remis en question. Mais une hirondelle ne fait pas le printemps.

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