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Formation professionnelle, une vraie réforme s’impose

formation-professionnelle-continueDysfonctionnement. Selon l’INSEE, en 2012, à peine 40% des 18-65 ans déclaraient avoir suivi une formation dans le courant de l’année. L’accès à la formation diminue avec l’âge, et puis surtout, ce sont les personnes les plus diplômées qui en profitent. Les chiffres sont parlants : chez les actifs, 66% des diplômés de niveau supérieur (à partir de Bac+2) ont suivi au moins un stage dans l’année contre seulement 25% des sans diplômes. Selon Olivier PASTRE, il y a urgence à réformer en profondeur : « la quatrième réforme du quinquennat, celle de la formation professionnelle, ne pourra pas être faite à minima. Elle pourrait même constituer la plus importante  ».

Image négative. La formation professionnelle et les stages n’ont pas bonne presse en France. Le contraire du principe selon lequel il n’y a pas de sot métier. « Le système actuel, bâti pendant les Trente Glorieuses, ne remplit plus sa mission. Sur les 32 milliards dévolus – près de 2% du PIB –, la majeure partie des sommes concernées va à d’autres missions que celle de la formation, en particulier au financement des syndicats », souligne l’économiste. Pour Olivier PASTRÉ, « la réforme doit se faire à moindre coût pour les entreprises afin de renforcer leur compétitivité et leur capacité à créer des emplois  ». L’objectif pourrait être d’atteindre 25 milliards à l’horizon de 5 ans.

Solutions possibles. Le MEDEF propose une réforme de l’apprentissage pour former 100.000 jeunes supplémentaires en alternance. En fusionnant les taxes d’apprentissage on pourrait dégager 2 milliards et demi d’euros très utiles, disent les patrons. Les lignes bougent mais encore trop timidement face au défi que représente la lutte contre le chômage aujourd’hui en France. Parmi la palette de solutions, Olivier PASTRE propose « la mise en place d’un guichet unique facilitant l’accès aux formations pour les salariés, les chômeurs et les patrons ; un rééquilibrage des sommes mises en réserve en faveur des chômeurs et des PME  ». Et l’économiste de reconnaître que « cette réforme ne peut pas être une réformette qui préserve les intérêts de chacun ». Elle passera par la fin d’une certaine hypocrisie et l’exigence de gains de productivité de la part de tous.

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