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Quels sont les débats aujourd’hui en France ?

Un homme et une femme qui débattent

Dette, énergie, démographie, climat : face à la multiplication des enjeux économiques et sociaux, Jean-Paul Betbetze appelle à la qualité du débat public pour éclairer les décisions collectives.

Nous les écoutons tous : bons ou mauvais, utiles ou non, pousse-au-crime ou non, critiques ou conseilleurs, ils ne manquent pas ! Les journaux les analysent et les chaînes en continu les reprennent, en débattant de manière aussi « équilibrée » que possible. Devant cet afflux, le problème n’est plus tant de traiter les sujets, mais au moins de les classer. Qu’est-ce qui prime et, mieux encore, qui permettra de réduire certaines « difficultés », lesquelles, comment ?

Faut-il faire une liste : Ukraine, autrement dit sécurité ; Ormuz, autrement dit énergie ; jeunesse, autrement dit Parcoursup ; démographie, autrement dit retraites. Sans oublier écologie, Europe, budget, immigration, dette ou démocratie… La liste est longue de ces questions qui peuvent être couvertes par des présentations plus ou moins biaisées, notamment par ces temps d’élections, ici et dans de nombreux pays, sauf bien sûr dans les dictatures anciennes ou en devenir qui s’en passent.

Pour avancer, rien n’est possible sans partir des faits, sans données vérifiées dans les débats, sans calme ni réflexion.

Dépasser les déclarations péremptoires et les solutions radicales

La France est victime de déclarations péremptoires et de « solutions radicales » qui n’en sont pas. Pour traiter les débats majeurs, l’ancienne méthode était le vote, après une campagne électorale où se présentaient et se comparaient les programmes. C’était le temps où il fallait des « ruptures » pour satisfaire les revendications : relance par la demande à gauche, par l’offre à droite. Ceci avant d’en affiner les composantes, échéanciers et montants. En ces temps, la croissance et la démographie paraissaient assurées, la finance maîtrisée. Les débats étaient donc assez… théoriques.

Mais aujourd’hui, avec les chamboulements démographique, technologique, financier, climatique et politique que nous vivons, nous devons être moins accommodants dans les débats. Sinon, nous risquons de céder à la pression populiste qu’ils amènent, avec les inquiétudes individuelles et sociales qui montent, en pleine crise financière qu’attisent certains partis et réseaux dits « sociaux », sans se soucier des conséquences.

Chacun veut parler, s’expliquer et critiquer les autres. C’est normal en démocratie, mais sous certaines règles. Autrement, dans un débat non modéré, arrivent vite les mots chaos, faillites et guerre civile. Nous ne débattons plus, effrayant voisins, amis et alliés sur ce qu’ils pourraient amener, sous la pression des émotions, sans réflexion.

Ainsi, avant même les élections, nous avons des sondages qui nous donnent les ressentis sur ce qui s’est passé hier ou avant-hier, sur ce qui est proposé ici et là… en comptant les like ! C’est le degré zéro de l’analyse, la porte ouverte aux votes impulsifs, à toutes les manipulations, internes ou non.

Dette, salaires : confronter les discours aux faits

Mais quand même, on pourrait savoir depuis la « relance par la consommation » de 1981 qu’augmenter les salaires au-delà de ce que permet la compétitivité fait le bonheur des importateurs, tue les PME et pousse nos grandes entreprises à s’étendre ailleurs. Quand on nous parle de dette, nous entendons avancer que les demandes de bons du Trésor sont sursouscrites, donc qu’il n’y a pas de problème. Mais si tel était le cas, pourquoi les taux monteraient-ils ?

Le 5 octobre dernier, le Trésor a cherché 8 milliards d’euros à 10 ans et les a trouvés, en les payant 4,9 %, « jusqu’à 4,9 % » en fait, sachant que 12,5 milliards s’étaient présentés. C’est donc que 4,5 milliards n’ont pas trouvé preneur. Ils voulaient des taux supérieurs ! Cette « sursouscription » est donc très relative.

Inscrire le débat dans le temps long

Débattre pour bien décider, c’est aller bien au-delà du quinquennat. Quand l’espérance de vie à 65 ans est de 23,6 ans pour les femmes et 20 pour les hommes, qu’on ne dise pas qu’elle baisse. Il faut des visions longues. Le Plan nous est indispensable, avec de vrais partenaires sociaux, pour débattre des changements en cours et gagner en profondeur de champ dans l’analyse, puis dans les décisions. Débattre pas crier.

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