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L’économie américaine peut absorber les désaccords budgétaires, mais jusqu’à quand ?

WASHINGTON, DC - OCTOBER 17: The sun begins to rise behind the U.S. Capitol building on the morning after a bipartisan bill was passed by the House and the Senate to reopened the government and raise the debt limit, on October 17, 2013 in Washington, DC. President Obama signed the bill into law, that will fund the government until January 15, 2014 and allow the government to pay bills until February 7, 2014.   Mark Wilson/Getty Images/AFPReprise de couleurs. De part et d’autre de l’Atlantique, les marchés financiers ont atteint ces derniers jours des niveaux historiques, certains d’entre eux franchissant même les plafonds d’avant crise. Les opérateurs sont rassurés par de bonnes nouvelles en provenance notamment des Etats-Unis qui viennent de se donner un nouveau sursis pour régler leurs problèmes budgétaires. Les Républicains de la Chambre des représentants ont déposé un texte qui permet de financer l’Etat fédéral jusqu’à fin septembre et d’éviter ainsi la crise qu’aurait entrainé une fermeture des services publics le 27 mars. Ce report n’annule pas les coupes budgétaires automatiques entrées en vigueur mais il va donner un peu d’air pour respirer à certaines administrations comme la défense. Est-ce reculer pour mieux sauter ? Rien n’est moins sûr.

D’autres échéances approchent. « Au mois de mai, républicains et démocrates devront se mettre d’accord cette fois sur le plafond de la dette. On en parle moins mais l’échéance est importante  », précise Anton BRENDER. Faut-il relever ce plafond (autrement dit lâcher un peu les dépenses publiques) ? Quel niveau ne pas dépasser ? On peut s’attendre à de nouvelles discussions très animées car rien n’est réglé sur le fond, les échéances ne sont que repoussées. La question est de savoir pourquoi les marchés financiers ont le moral. Dans son malheur, l’économie américaine ne devrait pas être affectée plus que de raison avec un impact négatif de 0.1% sur la croissance.

Choc absorbable. Comme nombre de ses confrères économistes, Anton BRENDER estime que l’impact des bisbilles politico budgétaires peut-être amorti sans faire trop de dégâts. Il devrait en être de même pour l’Union européenne qui est pourtant le premier partenaire commercial des Etats-Unis. « Le seul effet que nous pourrions ressentir est une remontée de l’euro consécutive à une baisse du dollar que délaisseraient les investisseurs… ce qui renchérirait nos exportations  », analyse l’économiste. Donc prudence mais pas de panique. Selon Anton BRENDER, un autre souci est plutôt d’ordre psychologique. « On peut voir dans ces aléas budgétaires une réelle défaite de Barack Obama. Le Président américain est de nouveau affaibli après les élections qui l’ont porté à la Maison Blanche pour un second mandat ». L’économie ne fait pas abstraction du moral des opérateurs et investisseurs. Elle l’intègre même dans ses critères d’analyse. La vigilance reste donc de mise.

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